novembre 19, 2019

Cameroun: les avocats de AYUK TABE réagissent après de nouvelles mesures de détente du pouvoir

Cameroun: les avocats de AYUK TABE réagissent après de nouvelles mesures de détente du pouvoir

Le chef de l’Etat Paul Biya a demandé jeudi 03 octobre 2019 la fin des procédures judiciaires contre des personnes poursuivies dans le cadre de la crise en zones anglophone

C'est un communiqué signé du Secrétaire général de la Présidence de la République Camerounaise qui l'annonce. " Le président de la République a décidé  ce jour de l'arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre certaines personnes arrêtées et détenues pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest " lit on dans le texte de Ferdinand NGOH NGOH,  le Secrétaire général de la présidence . La mesure  qui sera mise en oeuvre " sans délai "concerne au total 333 personnes arrêtées et gardées depuis dans les prisons Camerounaises dans la mouvance des tensions séparatistes qui agitent les deux régions anglophones du Cameroun. La décision, a expliqué la présidence, vise à permettre aux habitants ainsi incarcérés "désireux de renoncer à la violence,  de revenir sur le droit chemin, de pouvoir de nouveau participer à l'oeuvre de construction nationale". Une  mesure supplémentaire de décrispation que Yaoundé prend face à cette vague de violence qui a déjà fait plus de 2000 morts et  plusieurs milliers de déplacés et de réfugiés. La décision du pouvoir intervient à la veille de la fin du dialogue national organisé par le Gouvernement dans le but de trouver prioritairement des solutions à la crise débutée en fin 2016 dans le Nord ouest et du Sud Ouest du pays. 

Calculs politiques

Après l’annonce de cette mesure, les Camerounais se posent presque tous la même question: les figures de la lutte séparatiste seront elles libérés ? La question est délicate et dépend une fois encore du pouvoir. Si l’acte pris jeudi est prévu dans la loi de juillet 2017 portant code de justice militaire, son application pourrait dépendre en grande partie du Gouvernement. Certes la présidence précise que les bénéficiaires de la mesure sont les personnes poursuivies pour des délits mais un avocat très au fait des pratiques au Cameroun fait remarquer que dans l’application d’une mesure similaire prise l’an dernier la liste des bénéficiaires avait été rallongée jusqu’à certains détenus condamnés pour des crimes dans la crise anglophone. » il s’agit d’un acte purement politique  » commente un autre avocat basé à Douala. Parmi les leaders séparatistes dont la libération est appelée par bon nombre de Camerounais, Mancho BIBIXY, un leader anglophone condamné à 10 ans de prison par le tribunal militaire de Yaoundé entre autres mais il y’a aussi et surtout le Président de l’État fantôme de l’Ambazonie, le séparatiste Julius SISIKU AYUK TABE. Lui et 09 compagnons ont été condamnés à vie. Si l’un de ses avocats Maître Nocodemus AMUNGWA n’est pas certain que son client soit libéré, il dénonce l’instrumentalisation de la justice.  » il est absurde de violer la loi et de présenter le Président de la République chaque fois comme Jésus Christ » s’offusque t-il. S’appuyant sur le code de procédure pénale, l’avocat estime que c’est le procureur général près la cour d’appel après autorisation du ministère de la justice qui devrait en principe décider de l’arrêt des poursuites. La mesure présidentielle suffira t – elle à favoriser un retour à la normale dans les deux régions anglophones paralysées par les affrontements entre l’armée et les groupes armés sécessionistes ? Avec les résolutions du dialogue national à transmettre au président de la République , le pouvoir, tentera d’obtenir au moins des avancées dans la recherche de la paix.

Par : Dkk

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